Quelques occurrences de l'Ich-Idéal, de l'Idéal du moi,

dans le texte freudien

Liliane Fainsilber

Je n'en ai retenu, pour cette fois-ci, que deux. Deux autres suivront.

1 - L'idéal du moi dans " Pour introduire le narcissisme "

L'Idéal du moi est mis en lien avec le monde culturel du sujet. Il détermine ses attaches symboliques. C'est expressément formulé par Freud. Il est introduit à propos de la question du refoulement. " Nous avons appris que des motions pulsionnelles subissent le destin du refoulement pathogène, lorsqu'elles viennent en conflit avec les représentations culturelles et éthiques de l'individu. Par cette condition, nous n'entendons jamais que cette personne a de l'existence de ces représentations une simple connaissance intellectuelle, mais toujours qu'elle les reconnaît comme faisant autorité pour elle, qu'elle se soumet aux exigences qui en découlent… la formation d'idéal serait du côté du moi, la condition du refoulement. " C'est donc en fonction de son idéal du moi que le moi refoule avac plus ou moins de sévérité les motions pulsionnelles que ses exigences culturelles et éthiques réprouvent. Si j'ai bien saisi cette dialectique, le moi tel qu'il pourrait répondre aux exigences de son idéal, deviendrait alors moi-idéal. Pour qu'il soit idéal, il faut bien qu'il soit sinon inaccessible, au moins non encore atteint.

2 - L'idéal du moi dans " l'identification "

Cettte forme d'identification est explicitement liée par Freud à la fin de l'Œdipe. Elle est son mode de sortie. Mais en suivant le texte ligne à ligne, il est incontestable que cet Idéal du moi est lié à l'image du père, en contradiction avec le fait qu'à la sortie de l'Œdipe, l'identification peut se faire à l'objet de haine à savoir la mère qui entre en concurrence dans l'amour du père et dans le désir d'être aimé de lui. Ce qui brouille un peu les pistes, c'est que dans ce texte, Freud choisit tout d'abord l'exemple du petit garçon et laisse en suspens, pour cette première forme d'identification, l'identification narcissique au père, ce qu'il en est de la fille. Il le laisse en suspens, mais est-ce que nous ne pouvons pas avancer qu'il n'y a pas de différence entre les deux, fille ou garçon, tout au moins à ce temps logique là de la constitution du sujet. Pourquoi ? Freud ainsi que Mélanie Klein d'ailleurs nous parlent du " parent combiné " ou du " monstre bi-parental ". Ce qu'ils évoquent ainsi c'est le fait que le père et la mère sont tous les deux pourvus d'un phallus, mais il en est de même pour la petite fille, elle se comporte, à la phase phallique comme un " être garconnier ". Donc il me semble qu'on peut poser les mêmes étapes, les mêmes franchissements logiques, pour la petite fille et pour le garçon.

 

Donc je l'aborde dans le texte : " La psychanalyse voit dans l'identification, la première manifestation d'un attachement affectif à une autre personne. Cette identification joue un rôle important dans le complexe d'Œdipe, aux premières phases de sa formation. Le petit garçon manifeste un grand intérêt pour son père : il voudrait devenir et être ce qu'il est, le remplacer à tous égards. Disons le tranquillement, il fait de son père son idéal. Donc la question de l'Idéal du moi est posée d'emblée à l'origine des identifications oedipiennes, lui servant en quelque sorte de matrice. En effet c'est pas un effet de régression, donc de retour à cette première forme d'identification que l'on appelle identification narcissique au père, que se mettra en place, à la sortie de l'oedipe, comme témoignage en somme de l'abandon des objets oedipiens, l'identification à un petit trait de l'objet aimé, que Lacan a isolé sous le nom de trait unaire, signifiant qui représente le sujet pour un autre signifiant et donc sous lequel il disparaît.

- A ne pas oublier : la troisième forme d'identification

qui se fait, elle aussi, par le symptôme

 

Parmi ces trois formes d'identification, il ne faut pas oublier la troisième, sous ses airs un peu surrannés, à propos de jeunes filles de pensionnat qui font des crises d'hystérie. Elle mérite toute notre attention, puisque Lacan l'appelle identification hystérique au désir de l'Autre. C'est en effet grâce à elle que le désir du sujet peut prendre naissance en prenant appui sur le désir de l'Autre, et là précisément je dirais, en fonction des insignes du père, de ce trait unaire, appui sur le désir du père et notamment son désir pour une femme. (Lacan reprendra beaucoup plus tard, cette question du désir du père, dans les dernières années de son séminaire, sous la forme de ce qu'il appellera, jouant sur les mots " sa père-version ").

 

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