Vue d'ensemble de cette séance du vendredi 18

Liliane Fainsilber

 

Pour ce qu'il en est de ce rêvedit des épées japonnaises, là c'est Ernst qui y met, à son tour, son grain de sel. Voilà ce que donne la superposition de son contenu manifeste et de son contenu latent

Contenu manifeste : " il n'a pas le droit de se marier ni d'avoir des rapports sexuels avec elle "
Contenu latent : " Il a pourtant eu dans le rêve le sentiment d'être délivré (délivré d'elle, dis-je) "

C'est intéressant de voir que c'est l'interdit qui le délivre, ce qui confirme ce que nous avions pensé déjà que cette dame est le substitut de sa mère et qu'en tant que telle c'est un objet d'amour impossible. Elle l'est d'autant plus qu'elle n'a aucune envie de se marier avec lui, car, il le sait fort bien, elle ne l'aime pas.


Si on résume cette série de notes du vendredi 18 (de la page 121 à 125)

1 - On a deux rêves - dont nous n'avons pas le texte mais qui sont liés au fait d'une de ces idées obsessionnelles, celle de ne plus se laver, sous la forme d'une interdiction, plutôt sous la forme d'un défi :
" Quel sacrifice suis disposé à faire pour que … " On ne connaît pas ce qui serait la récompense de ce sacrifice. Peut-on penser qu'ainsi il espérait obtenir les faveurs de sa dame ou au contraire en être débarrassé. Sans doute les deux à la fois.
2 - Réponse à la question de Freud qui nous ramène au temps de l'apprentissage de la propreté avec donc la très grande importance que prend la demande, pour ne pas dire les exigences de la mère, dans ce temps d'apprentissage. Il avait était un grand petit saligaud.
3 - Or un jour qu'il se promenait avec sa dame … voici qu'il rencontre l'un de ses rivaux. C'est l'agent provocateur du rêve.

4 - le texte de ce rêve reprenant celui des épées japonaises.
L'interdiction de se marier et de ne pas avoir de relations sexuelles avec elle est aussi absurde que celle de l'interdiction de ne plus me laver (sic)
L'interdiction de se laver dans son rêve s'est donc inversée, au moins dans le récit qu'il en fait, puisque maintenant cette interdiction est marquée du signe de la négation. Se laver/ne plus se laver
5 - Grande émotion au réveil, coup qu'il se donne sur le bois de son lit et sensation d'avoir un caillot dans la tête.
Il pense que sa maladie pourrait s'écouler de son cerveau par une sorte de trou creusé, une trépanation virtuelle, et être remplacée par quelque chose d'autre, l'opération dans les deux sens -vider et remplir - s'effectuant à l'aide d'un " entonnoir ".

6 - on peut dire que c'est l'ensemble de l'interprétation de Freud avec deux paroles du père, la référence à l'entonnoir de Nuremberg, et cette phrase " Un jour le bouton ne manquera pas d'éclore chez toi ". Le bouton pourrait être un bouton de culotte ou de veste, mais est-ce qu'il ne pourrait pas avoir le même double sens qu'en français, celui de bouton sur la peau et par extension d'abcès. L'équivalent serait alors " un jour tu pourras vider cet abcès " ? Je sais bien que c'est vraiment tiré par les cheveux, mais ce caillot dans la tête peut quand même évoquer une collection suppurée et se soulager de sa colère peut être métaphorisé par cette évocation d'un abcès vidé. J'attends que nous germanophones sont rentrés de vacances pour nous aider un peu plus.

Nous apprenons quand même qu'à la suite de ce rêve, ou peut-être pour autre raison, il a abandonné son idée de ne pas se laver, mais il l'a échangé contre l'idée de se trancher la gorge. Question à qui aurait-il souhaité couper le cou ? Le médecin concurrent dans l'amour de sa dame pourrait bien être la victime désignée.

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