Reprise de ces notes du 18 octobre

Marc Turpyn

 

 

Pardon si je suis un peu à contre-temps mais avant de reprendre les notes après-coup du dimanche 27/X, j'ai relu la séance du 18/X et la fin a retenu mon attention : " La colère contre le médecin, il l'a confirme ; la lutte qui subsiste quant à savoir s'il doit épouser la dame, il ne la comprend pas. Il a pourtant eu dans le rêve le sentiment d'être délivré (délivré d'elle dis-je) " (p. 48/125 du journal).

Il me semble que dans le deuxième rêve, c'est bien l'idée que la dame pourrait ne pas vouloir de lui qui s'est ouverte. Cette idée émerge d'abord dans ce qu'il dit à la dame de ses obsessions et de l'interdiction relative aux épées japonaises, ce qui paraît très lié au travail qu'il fait avec Freud. Puis c'est sous la forme des réponses de la dame qu'avance la question. Dans un premier temps la dame, " très gentille avec lui ", répond par un assentiment : elle lui confirme à la fois l'équivalence et la stupidité des deux choses (les interdictions portant à la fois sur son désir en lien avec les épées japonaises et sur le lavage). Dans un deuxième temps, au reveil d'Ernst alors " saisi d'une émotion épouvantable ", cet assentiment se retourne ; il pense tout d'un coup " qu'elle avait
voulu dire qu'il n'avait plus besoin de se laver ". Ne pas se laver n'est donc plus une chose insensée, de même que n'est plus insensée, selon l'équivalence des deux termes, " l'interdiction relative aux épées japonaises ", c'est à dire l'interdiction de l'épouser et d'avoir des rapports sexuels avec elle. Il prend donc en compte dans cette douloureuse pensée le désaccord de la dame.

Cette question, est reprise explicitement à la fin, et pour la première fois de cette façon, lorsequ'il souligne qu'il ne comprend pas cette " lutte qui subsiste quant à savoir s'il doit épouser la dame ". Il ne la comprend pas mais la question est désormais ouvertement posée : doit-il ou non l'épouser ? Pourtant, dans le
rêve, il avait eu le sentiment d'être délivré, ajoute-t-il (c'est à dire avant son réveil et donc par l'assentiment de la dame).

Là, le " délivré d'elle " de la parenthèse vient de Freud. L'allemand est clair sur ce point mais ce qui ne l'est pas c'est de savoir si Freud l'a pensé ou dit (" meinen " peut ici signifier être d'avis que, penser, supposer ou dire). Notons que dans le reste de la séance, quand Freud interprète, il le signifie sans équivoque. Il est donc difficile de décider s'il a formulé ou non cette pensée. Dans l'hypothèse où il l'aurait formulée, il s'agirait d'une interprétation sur ce que représente la dame pour lui et la part qu'elle prend dans ses obsessions.

 

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