Notes du vendredi 3 janvier (p.231)

Le fantasme des deux femmes-gigognes
Liliane Fainsilber

 


Trois thèmes peuvent en être dégagés :

1 - les équivalences rats, vers et pénis. A cela il faut rajouter quand même les autres équivalences déjà repérées rats et argent. Il ne manque donc plus à cette série d'équivalences, celle des enfants-rats. ( les rats qui entrent dans l'anus, dans le supplice des rats, étant les enfants qui en sortent, selon l'une des théories sexuelles infantiles, celle où les enfants naissent par l'anus.

2 - " La préhistoire de l'idée de rat ".

Nous arrivons donc à une sorte de point d'origine de cette longue chaîne d'associations ayant construit son grand délire obsessionnel, selon lequel s'il n'arrivait pas à rembourser l'argent ( que par ailleurs il ne devait pas ) à David, alors son père, dans l'au-delà, puisqu'il était déjà mort, et sa Dame seraient condamnés à subir le supplice des rats - je rappelle : deux gros rats affamés étaient introduits de force dans l'anus du supplicié (comme le vers qui remuait dans son propre anus).

Voici cette préhistoire prise dans le texte, on pourrait l'appeler " fantasme des deux femmes gigognes " c'est tout au moins ainsi que je l'avais appelé il y a quelques années dans mon bouquin :

" Quelques mois avant la formation de cette idée, il avait rencontré dans la rue une femme qu'il identifia à une prostituée ou, du moins, comme une personne qui avait des rapports sexuels avec l'homme qui l'accompagnait. Son sourire particulier éveilla en moi l'idée bizarre que sa cousine était dans son corps et que ses parties génitales étaient placées derrière celles de la feme de telle façon qu'elle retirait quelque profit de chaque coït. "

3 - " Nombreuses associations avec l'argent " mais aussi avec ces fantasmes de prostitution. On paye pour des rapports sexuels.

Il faudrait travailler ces notes en les mettant d'une part en rapport avec tout ce que Freud avait repéré de ces fantasmes de prostitution, par exemple dans son texte " du plus commun des ravalements de la vie amoureuse ", mais aussi mettre en correspondance ce fantasme des deux femmes gigognes avec celui de l'Homme aux loups, où il profitait lui aussi niché dans le corps maternel, des rapports sexuels de la mère avec son père.

Cela permet de repérer qu'avec ce fantasme nous sommes au cœur de la névrose de Ernst. Il ne va pas tarder à mettre au monde des petits enfants rats. Toute une nichée.

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Ce qui me frappe aussi, c'est toujours encore le rapport entre mère et argent.
La mère est très présente, dans ces rats-argent, et aussi chevaux de la mère - queue de rat.
Dès le départ, Ernst avait besoin de l'accord de sa mère pour payer l'analyse, et ici encore il fait
le lien entre sa parcimonie et celle de sa mère au sujet de l'héritage du père. Sa mère
serait-elle pour lui une prostituée, ou alors pour son père ?
Gabrielle

Mais oui, Gabrielle, il faut se référer à ce texte de Freud et à ce qu'il raconte des fantasmes de prostitution, c'est la vie sexuelle de la mère qui est désavouée voire niée par les fils. Il se produit un clivage. D'où cette surprême injure "nique ta mère". Liliane.

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J'ai recherché sur Internet le texte de Freud "Contribution à la psychologie de la vie amoureuse" qui se trouve dans l'ouvrage "La vie sexuelle". Je n'en ai trouvé qu'un extrait qui a de plus été titré en rouge. Mais il respecte le fil du texte qui est demontrer en quoi l'amour de la putain n'est que l'envers de l'endroit du respect pour la Vierge-mère. Je l'ai recherché par rapport à ce fantasme de Ernst selon lequel sa cousine est dans le corps de sa mère et profite, en tant que prostituée, de chaque rapport sexuel avec l'homme qui l'accompagne.

A propos de la mère de sa cousine, "la tante Irmgard, "lui viennent des pensées qui ne lerendant pas bien meilleure qu'une putain et qui mènent finalement au frère, son oncle Alois, qui l'avait insultée franchement en disant "Tu te poudres comme une Chonte" (prostituée).
Ce n'est pas la mère qui est pour Ernst, une putain, c'est la tante, soit la mère de sa cousine. Du coup c'est lui qui est également lové dans le corps de sa mère. C'est la raison pour laquelle on peut identifier ce fantasme comme un fantasme de retour au ventre maternel, fantasme au cours duquel on peut de plus profiter des rapports sexuels avec le père. Bon, mais il y a encore des points à préciser à propos de ces notes.

Voici ce petit bout de texte sur l'amour dit de la putain http://pagesperso-orange.fr/marxiens/psy/freudlov.htm

Ceci dit ce serait bien de le retrouver en entier. Liliane.

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